Vendredi 22 mai 2009
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Bien chers tous, A la veille de mon départ de Tanguièta, en communion avec Cécile et Elisabeth, je tenais à vous remercier pour votre soutien, vos mails et votre prière durant ces mois passés au
Bénin. Ce fut une merveilleuse expérience, au service des plus malades dans un pays fascinant, malheureusement bien touché par la pauvreté et la misère, fléaux de ce continent. La joie de tous ces
africains, leur simplicité et leur sens de l’accueil nous ont enchanté . Ce fut réel plaisir de pouvoir leur rendre nos services à l’hôpital St Jean de Dieu. La présence d’amis à travers l’hôpital
nous a permis de découvrir chaque service de l’hopital, notamment la pédiatrie, ma maternité , les urgences et surtout le bloc ou nous aimions y suivre les opérations pratiquées par de nombreux
chirurgiens européens de passage. Il nous arrivait même de mettre la main à la pâte, que ce soit en tant qu’infirmière anesthésiste ou instrumentiste pour Elisabeth et Cécile, ou encore en tant que
sage femme devant parfois réanimer les bébés nés par césarienne pour ma part. Soigner de telles pathologies, dans des conditions de travail minimales et parfois sous la chaleur ne furent que des
moments enrichissants ou le dépassement de soi et satisfaction du minimum nous ont aidé à surmonter les difficultés rencontrées. Nous espérons donc que cette expérience nous soit profitable toute
la vie. Les dernières semaines vécues seule à l’hopital m’ont permises de côtoyer et de réellement partager la vie quotidienne d’un bon nombre d’africains, entre les invitations à partager la «
pâte », les sorties et les bonnes discussions. J’ai aussi passé quelques week ends à natitingou m’occupant des enfants d’une paroisse les samedi et dimanche après midi. Quel bonheur de les voir
adhérer volontiers à toutes sortes activités, mêmes les plus simples (chants, jeux d’équipes) . Il faut dire qu’ils sont tout le temps livrés à eux-mêmes puisque les balades familiales du dimanche
dans la foret n’existent pas, et la malle de jouets encore moins ! Mais toutes ensembles nous avions découvert à moto les villages nataux de nos amis ( Boukoumbé, Cotiakou). Des excursions
fabuleuses dans des villages où la vie semble être un trésor malgré les conditions précaires dans laquelle celle-ci est vécue : ce sont des km à parcourir avant de trouver le moindre puits et ce
sont des enfants de 6 à 10 ans qui portent sur leur têtes des bassines de plus de 2O L… ; la bougie fait aussi office de lumière . Dans les tatas sombas ( maison traditionnelle construite en argile
que l’on recontre à Boukoumbé), les animaux, les hommes et les récoltes partagent le même lieu de vie ; il y fait très bon vivre ! La saison des pluies étant arrivée depuis un mois le paysage a
bien changé depuis notre arrivée, les montagnes de regs ont laissé place à une végétation verdoyante, c’est très beau. C’est donc l’époque du travail aux champs et les jours de repos du personnel
sont employés au sarclage (désherbage manuel très fa studieux d’une parcelle de terrain), avant la culture du petit mil et d'autres céréales... Les pluies sont bien sur incomparables à notre
crachin breton, des litres peuvent tomber en seulement une heure rendant les voies impraticables sans équipement adéquat ! La terre n’a pas l’air habituée et l’eau pénètre difficilement dans les
nappes phréatiques, ce sont de vrais marécages et le passage d’une voiture rapidement peut vous causer de vrais désagréments si vous n’êtes pas aquaphile! Mais qui dit saison des pluies dit aussi
moustiques et donc paludisme ! L’hôpital se voit rempli de malades atteints d’accès palustres, notamment en pédiatrie où la surpopulation pousse les familles à se ménager difficilement une place
dans les couloirs afin d’y déposer sa natte durant le temps d’hospitalisation de l’enfant. L’anophèle n’a pas non plus épargné nos peaux blanches fragiles. Mais l’ayant découvert rapidement à
l’approche des signes typiques ( fatigue, courbatures, migraines, nausées) nous avons pu vite être traitées. IL faut dire que c’est chose courante ici, tout comme un rhume hivernal dans l’hexagone.
Mais à part cela le Bénin c’est avant tout un pays ou règne la paix ( c’est rare dans ces pays africains), la sérénité et la joie de vivre. Les sentiments sont donc bien mélangés en quittant ce
pays : la joie bien sur de tous vous revoir et de retrouver la mère patrie, mais aussi le regret de quitter toutes ces personnes que nous avons soignées, que nous avons cotoyées , même parfois que
nous avons parfois vu partir, et à qui nous nous sommes attachées. C’est aussi cette ambiance indescriptible qui règne sur le sol rouge et dans laquelle nous avons vécu durant ces cinq mois ainsi
que les merveilleux paysages découverts. Ce sera surtout l’occasion de rendre grâce pour tout ce que nous avons eu la chance de voir, de faire et de vivre ; dans l’espoir de revenir très vite comme
tout le monde nous le demande et d’ailleurs tel est notre souhait ( je cite le premier message recu d’Elisabeth lors de son arrivée à Paris : « j’ai une idée : est ce que ça te dit de faire le
programme ( expression en francais africain ) de venir à Tanguieta aux prochaines vacances ?! » Je vous donne donc rendez vous dans une semaine, merci encore pour tout. Bien à vous, Domitille